Histoire de la plongée sous-marine

Histoire plongée sous marine Yannick Dacheville

La découverte du monde marin est une activité passionnante sur de nombreux plans, notamment scientifique, social et économique. L’homme, en raison des nombreuses recherches à effectuer à travers les âges, cherche constamment des solutions pour mieux dompter le milieu subaquatique. Un des premiers problèmes à résoudre était de trouver l’oxygène nécessaire pour faciliter la respiration durant l’immersion.

Selon Yannick Dacheville, l’histoire révèle que les premières plongées ont été effectuées en apnée au cours de la préhistoire. Il n’y a pas de véritables témoignages écrits ou dessinés, mais les coquillages et les nacres découverts dans les tombes représentent les preuves.

Yannick Dacheville parle des découvertes scientifiques des années 1600 et 1700

Les premiers faits qu’on peut mettre en relief sur l’histoire de cette activité se trouvent durant cette période. Notons qu’avant ces dates, Léonard de Vinci avait, en 1500, réalisé dans une de ses œuvres la représentation d’un plongeur équipé de palmes natatoires. De nombreux plongeurs s’en sont inspirés quelques années plus tard pour faire certaines inventions telles que la machine à plonger, mais ne sont pas arrivés à résoudre le problème lié à la respiration sous l’eau, raconte le moniteur de plongée professionnel.

De nombreuses expériences basées sur les lois de la physique ont été effectuées au fil des années. C’est ainsi que Robert Boyle et Edme Mariotte avaient expliqué la loi sur le volume des gaz, Pascal a effectué des recherches sur l’équilibre des liqueurs et Torricelli avait mis en place le baromètre. Ces différentes expériences et inventions ont permis d’avoir certaines informations sur le phénomène de la pression. Ces découvertes ont donc été divulguées dans diverses académies scientifiques telles que le Royal Society à Londres et l’académie des sciences à Paris. Le chercheur italien Giovanni Borelli a réalisé, en 1687, de nombreux dessins et fait des descriptions des appareils plongeurs qui ont fait naître de nouvelles idées. Denis Papin et Edmund Halley ainsi que de nombreux autres scientifiques donnent également des informations sur l’utilisation de la cloche à plongeur.

John Lethbridge s’est basé sur l’hypothèse que pour respirer sous l’eau l’homme à besoin d’air en équipression pour mettre en place une technique pour trouver une solution à ce problème. Il fabrique alors un tonneau en bois doté d’un hublot en verre et percé de deux trous dans lesquels on pouvait faire passer les bras. Comme l’explique Yannick Dacheville ce dispositif permettait de respirer pendant 30 minutes sous l’eau, c’était alors la première machine de plongée sous-marine.

Les scientifiques ont continué leurs recherches et le physicien anglais John Black découvrit le gaz carbonique (CO2) en 1750. Fréminet, grâce aux dessins de Borelli, fabriqua en1774 un habit en cuir qui lui permit de faire une plongée de 45 minutes à 7 mètres de profondeur. Un abbé français a conçu des années plus tard un vêtement de soie dans lequel il empile du liège dans le but de permettre à une personne de se déplacer sur l’eau sans descendre dans le fond. Cette invention débouche sur la naissance du gilet de sauvetage, qui n’a malgré tout pas été inventé par Yannick Dacheville.

Lavoisier a dévoilé en 1780 le rôle de l’oxygène et du gaz carbonique dans le processus de respiration. L’ingénieur allemand Klingert a créé en 1797 un appareil doté de pompes à bras qui permettaient de respirer sous l’eau. Cette œuvre faisait partie des premiers scaphandres qui respectaient le principe de l’équipression.

La plongée sous-marine au XIXe siècle

Cette période marque le développement scientifique des appareils utilisés pour la plongée sous-marine. L’ingénieur Auguste Siebe met en place le premier modèle de scaphandre à casque en 1819. Ce dispositif a été utilisé pendant plus d’un siècle et demi jusqu’à ce que l’invention du détendeur et la naissance du scaphandre autonome vienne prendre la place.

Ces appareils qui ont connu un essor considérable ont favorisé la mise en place des premières règles de plongée en 1839 et la création de la première école de plongeur en 1843. En 1844 le professeur Milne Edward fait les premières plongées en Sicile et on assiste également à la publication du premier roman sous-marin (voyage au fond de la mer) en 1845, œuvre réalisée en France par le capitaine Mérobert. Les sociétés Hankook et Goodyear mettent en place, en 1848, la vulcanisation du caoutchouc. Cette invention permet de rendre étanche la combinaison du plongeur.

Les chercheurs Rouquarol et Denayrouse améliorent les capacités du scaphandre en 1865. Ils y ajoutent un réservoir qui peut contenir 30 litres d’air comprimé à environ 30 bar. Ils y installent également un détendeur pour alimenter le plongeur en air. Les recherches d’Yannick Dacheville lui ont permis de savoir que le manque de moyens à l’époque ne permettait pas de mettre en place un appareil assez solide et facile à utiliser. En 1870, Fleuss apporta des modifications au scaphandre déjà existant et le transforma en un appareil en circuit fermé à l’oxygène pur.

Paul Bert, dans son œuvre « la pression barométrique » publiée en 1879, explique scientifiquement les problèmes liés à la saturation, aux accidents de décompression et à la nocivité de l’oxygène. Il applique la loi de Dalton à la respiration et dévoile ainsi les insuffisances des différents gaz. Louis Boutan effectue une plongée en 1886 avec le scaphandre de Cabirol et prend les premières photos sous-marines. Il apporte ensuite des modifications au dispositif pour en faire un scaphandre autonome à l’oxygène pur. Il écrit en son roman en 1900 et y publie les photos prises au cours de son excursion. L’ouvrage à pour titre « la photographie sous-marine et les progrès de la photographie ».

La plongée sous-marine au cours de l’âge d’or

John Scott Hadlane, depuis 1896, travaille sur les travaux de Paul Bert et finit par mettre en place les « tables de Hadlane », les premières tables de plongée. Cette invention est publiée par le comité des plongées profondes de l’Amirauté britannique. Cet inventeur a partagé l’organisme en cinq tissus dotés chacune d’une période et d’un coefficient de sursaturation critique. Ses recherches ont permis de poser les bases de la plongée moderne concernant la profondeur qu’une personne peut atteindre sans risque.

Neufeldt et Kuhnke mettent au point le scaphandre rigide articulé en 1913. J.E Williamson invente au cours de la même année un appareil qui permet de filmer sous l’eau. En 1914, un soldat de la marine des Etats-Unis plonge à -83 mètres suite à la destruction des bateaux de guerre Aboukir, Hogue et Cressy. Un an plus tard (1915), le naufrage d’un sous-marin à Hawai pousse un scaphandrier à plonger jusqu’à -90 mètres.

Le physiologiste américain Eliat Thompson propose l’utilisation de l’hélium en plongée en 1919. Compte tenu du fait que le coup est très élevé à cette période, personne n’envisageait en acheter. C’est en 1924 que ce gaz fut employé pour la première en plongée. Un scaphandre rigide descendit jusqu’à 180 mètres de profondeur, comme il est dans une publication de Yannick Dacheville sur LinkedIn.

Les années 1920

Une multitude d’évènements se sont déroulés au cours des années 20. En effet, on assiste à la publication de l’ouvrage « a diving manual » de Sir R.Davis. La fin de cette époque est marquée par les plongées profondes. Certains physiologistes tels que Behnke et Thompson décident de changer l’azote de l’air par un autre gaz, notamment l’hélium ou l’hydrogène. Les scientifiques conscients du fait que l’hydrogène associé à 4% d’air donne une solution très instable, décident d’opter pour l’hélium. Ce gaz était beaucoup utilisé par la marine américaine pour effectuer leurs recherches en plongée.

Elle divulgue par la suite les premières tables de décompressions qui vont jusqu’à -30 mètres. Les Etats-Unis utilisent alors cette solution jusqu’au début des années 50, tandis que les Européens effectuent de nombreuses recherches sur l’air.

En 1925, Yves le Prieur, un ancêtre de Yannick Dacheville, utilise un appareil de Fernez pour effectuer ses plongées. Le dispositif est composé de lunettes de plongée, de pince-nez et d’un manodétendeur. Il y ajoute ensuite une bouteille de 3 litres d’air comprimé à 150 bars. Il décide plus tard de s’associer à Fernez pour concevoir un appareil respiratoire. Le plongeur peut alors se servir du manodétendeur pour régler la pression de l’air débité en continu.

Ces inventions ont permis à William Beeb de faire des plongées scientifiques au cours de laquelle il expérimente la télé sous-marine. L’année 1926 est marquée par la naissance des photos en couleur en lumières artificielles, éclairs de magnésium en surface. On assiste également aux premiers pas de la chasse sous-marine en Méditerranée, en Floride et en Californie. La marine américaine décide d’utiliser le scaphandre à dioxygène durant la même année. Des tables de plongée à l’air comprimé avec décompression à l’oxygène pur voient également le jour.

Les faits marquants des années 1930 à 1970

Yannick Dacheville donne des conseils sur la plongée et nous rappelle quelques événements essentiels de cette période.

Le 6 avril 1933, Louis de Corlieu met au point les premières palmes en caoutchouc appelés « propulseurs de natation et de sauvetage ». René Commeinhes conçoit en 1934 un équipement de respiration destiné aux pompiers. Cet appareil est composé du scaphandre d’Yves le Prieur et du détendeur de Rouquayrol-Denayrouze. En 1937, le fils de Commeinhes modifie l’invention de son père pour l’utiliser en plongée sous-marine. Cet appareil est composé de deux cylindres au milieu desquels est fixé un détendeur en forme de boite rectangulaire.

L’année 1939 est marquée par le développement des palmes de de Corlieu. Ce produit est fabriqué en grande quantité et vendu sur tous les marchés. L’inventeur, au cours de cette année, donne une licence à Owen P.Churchill qui en fabrique pour les soldats de l’US Navy. Ces nageurs de combat l’utilisent pour effectuer les déminages en Normandie. Le détendeur fabriqué par Georges Commeinhes est associé à un masque facial en 1942.

Jacques-Yves Cousteau réalise de nombreuses expériences sous-marines avec le détendeur de Gagnan en 1943. Ce dispositif est un peu défaillant, car il ne fonctionne que si le plongeur est à l’horizontal. En effet, le dispositif se bloque lorsqu’il est en tête et passe en débit continu lorsqu’il est débout. Cette année, en juin, un autre essai est effectué et connait un succès. Un monument a été construit sur les lieux d’expérience en octobre 1997 pour commémorer l’évènement. Un mois plus tard, Georges fait une plongée de 53 mètres avec son dispositif nommé (GC42). La même année, en octobre, Frédéric Dumas va jusqu’à 62 mètres sous l’eau avec l’invention de Cousteau. Il est le premier plongeur à avoir subi l’ivresse des profondeurs ou narcose à l’azote.

La société Air Liquide crée en 1945 la « Spirotechnique » et obtient un brevet du CG45 qu’elle vend en 1946. En 1947, Georges Beuchat met au point l’arbalète Tarzan et un an plus tard la bouée de surface. Frédéric Dumas lance la « collerette de sécurité sous-marine » en 1950. Cet appareil équipé d’une bouteille de gaz comprimé réputée pour être l’ancêtre des bouées stabilisatrices qui ont fait leur apparition plus tard. Le plongeur peut utiliser l’air dans la collerette lorsque la remontée s’avère complexe. Le dernier évènement de cette année est la mise en vente du 1er caisson photo et de la gaine au mollet Tarzan.

En 1951, le scientifique Hugh Bradner fabrique les premiers exemplaires de la combinaison humide pour l’US Navy. Cet équipement est composé couche de néoprène qui contient des microbulles d’air. Sa vente a débutée en 1953 par la société EDCO. Georges Beuchat, durant cette année conçoit les premières combinaisons isothermiques.

Le gilet de sauvetage fait son apparition an 1959 et l’ordinateur IBM 650 est utilisé pour la première fois en 1960. Il servait à calculer les paliers de décompression. La première bouée collerette et les palmes jetfins sont respectivement lancés en 1961 et 1964. Enfin en 1971, les chercheurs installent le premier gilet stabilisateur sur la réserve d’air du plongeur.

Quelques records de la plongée sous-marine

Le plongeur Théo Mavrostos est celui qui a atteint la plus grande profondeur : 701 mètres. Il a obtenu ce record au cours de la campagne de plongée qui s’est déroulée dans le cadre de l’Hydra 12.

Patrick Musimu est le vainqueur dans la plongée en apnée. Il est descendu à -207 mètres en 2005. Le sud-africain Nuno Gomez a mis le score à 318 mètres, quand trois semaines plus tard après Pascal Bernabé atteint les -330 mètres. Cette plongée en scaphandre autonome a eu lieu le 5 juillet 2005 en Corse, au large de Propiano. Elle a durée 8h 47 minutes.

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